COUP DE PROJECTEUR – la programmation dès la maternelle à la Villa

LA PROGRAMMATION DÈS LA MATERNELLE À LA VILLA SAINTE-MARCELLINE

Propos recueillis auprès de Chantal Forget, technopédagogue au primaire.

Les robots s’amènent au primaire

Dans le contexte actuel de la révolution numérique, l’acquisition de compétences numériques est devenue non seulement essentielle pour la vie quotidienne, mais aussi pour le succès dans des carrières futures. C’est pourquoi, à la Villa Sainte-Marcelline, nous avons choisi d’ajouter des ateliers STIMA (ou STEAM en anglais) à l’horaire hebdomadaire de nos élèves du primaire.

La grande nouveauté qui a marqué la rentrée 2023 à la Villa est l’introduction de la robotique dans le programme pour toutes les classes du primaire. À raison d’une période par semaine, les élèves de la maternelle à la sixième année développement leur pensée computationnelle grâce au nouveau programme dirigé par Chantal Forget, technopédagogue au primaire.

Investissement matériel

La Villa s’est donc dotée d’un parc d’une trentaine de tablettes Ipad et de nouveaux ensembles de robotique. Un local a aussi été aménagé avec des ordinateurs et des espaces de travail pour accueillir les classes et permettre la réalisation et les activités avec les robots.

Le premier cycle du primaire (maternelle – P1 et P2) travaillera avec des BlueBots, petites abeilles programmables à même l’abeille ou à partir des tablettes.

BlueBots

Pour le deuxième cycle, des ensembles de robotique Spike Essential de Lego ont été achetés, et les anciens ensembles EV3 ont été remplacés par des ensembles Spike Prime de Lego pour le 3e cycle.

Spike EssentialSpike prime

Tous les groupes travailleront aussi avec le logiciel Scratch ou Scratch Junior pour les plus petites, un langage de programmation graphique qui permet de s’initier aux concepts de base de la programmation tels que les boucles, les conditions, les tests, les affectations de variables. Les élèves de la 3e à la 6e année utiliseront aussi des Micro :bit, petits ordinateurs de poche que l’on peut programmer, personnaliser et contrôler. L’objectif du programme est de rendre l’apprentissage ludique et enseigner aux élèves à devenir des créatrices de contenu et pas seulement des consommatrices.

Microbit

La programmation intégrée au programme scolaire

De concert avec les titulaires de classe, des projets sont élaborés pour intégrer la programmation dans des tâches liées aux matières telles que la lecture ou les mathématiques. La programmation s’intègre donc dans les cours et permet d’aborder la résolution de problèmes de manière ludique. Par exemple, les élèves de maternelle qui apprennent la lecture par la méthode gestuelle de Borel-Maisonny vont accomplir une tâche de programmation pour guider leur petite abeille du geste vers le son et la lettre correspondants.  À tous les niveaux du primaire, on essaie donc d’intégrer la robotique pour qu’elle ne soit pas une fin en soi mais qu’elle permette de développer des compétences à utiliser dans différents contextes.

Développer une compétence large

Afin de programmer, on doit apprendre à prévoir ce qui va arriver. Il s’agit d’une compétence large qui aide à organiser notre pensée. On prend un problème et on apprend à le décomposer en problèmes plus petits et ainsi à gérer une situation problème, à prévoir une séquence. Cette compétence se construit dès la maternelle et c’est ainsi que se développe la méthode scientifique chez les élèves : on expérimente, on observe les résultats, on modifie, on améliore…

Se préparer pour 2030

La visée principale du programme est de préparer les élèves en développant chez elles des compétences et des habiletés qu’elles pourront réutiliser dans leur métier futur.  Des études montrent que «les transformations se font si rapidement sur le marché du travail que les experts consultés estiment que 85% des emplois qui existeront en 2030 ne sont pas encore créés. » Il faut donc préparer les élèves à être aptes. Dès le primaire, il faut leur donner le goût de faire des sciences, et que les sciences leur paraissent accessibles. Les facultés de génie comme l’ÉTS se sont donné comme objectif pour 2030 de recruter au moins un tiers de femmes parmi leurs étudiant.e.s. Elles ne forment que 13% des effectifs en 2023! On voit donc qu’il y a encore du travail à faire auprès de nos filles pour que les sciences deviennent un choix naturel pour elles. Et pour qu’elles aiment les sciences, il faut qu’elles se sentent en confiance.

Apprendre à apprivoiser l’erreur

On remarque que ce qui freine souvent les filles c’est le désir d’être parfaites. Elles ne se donnent pas le droit à l’erreur. La programmation et la robotique permettent justement de faire des erreurs et d’avancer dans un environnement où elles se sentent en confiance. Faire des erreurs, c’est normal, et cela permet d’inventer de nouvelles choses! On encourage donc les filles à aller de l’avant! La robotique, la programmation, c’est un bel environnement pour leur permettre de faire des erreurs et d’apprendre à avancer.

En avant toutes, avec le nouveau programme de robotique au primaire!

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