Ma vie à la Villa – Deux anciennes se mobilisent

UNE ASSOCIATION DES ANCIENNES PLUS NÉCESSAIRE QUE JAMAIS : DEUX ANCIENNES SE MOBILISENT

Nous avons l’immense plaisir ce mois-ci de vous présenter une entrevue avec deux anciennes de la Villa, deux amies, Hélène de Kovachich, promotion 1980, et Isabelle Roy, promotion 1977, qui nous parlent de la Villa comme d’un membre de leur famille et comme un facteur déterminant dans leur parcours.

Quel a été votre parcours à la Villa?

HdeK : j’ai passé trois années à la Villa, de la 2e à la 4e secondaire. IR, qui a passé 10 ans à la Villa, renchérit en disant que sans cette ambiance familiale où toutes les sœurs et tous les professeurs connaissaient chacune des élèves et ont réussi à lui donner confiance en elle, elle n’aurait jamais réussi à surmonter sa grande timidité. Elle dit, en riant, que même si elle aimait ses enseignantes d’amour, elle n’a pas ouvert la bouche de tout son primaire! Ce n’est qu’au secondaire qu’elle s’est sentie enfin confiante et prête à exprimer sa personnalité. HdeK arrivait de l’Ontario et de Vancouver où elle avait fait tout son primaire en anglais. Elle a fait le choix de continuer ses études chez les Marcellines, notamment pour consolider son français. Elle dit : « Trois ans, ce n’est pas long, mais mon passage à la Villa a réellement changé ma vie. J’ai ressenti rapidement une appartenance très forte à la famille Marcelline que j’ai gardée par la suite. »

Êtes-vous restées en contact avec les sœurs et les professeurs que vous avez connus?

« Drôle de coïncidence! » lance HdeK, « juste avant notre rencontre, je venais de recevoir un appel sur WhatsApp de Sr Marie Thérèse, que l’on a connue comme Mlle Igual. J’ai gardé contact avec elle, elle m’a appris l’importance du travail bien fait et de l’effort pour se dépasser. Et malgré l’océan qui nous sépare, grâce à la technologie, je parle régulièrement avec Sr Louise et Sr Anna Rita. » IR quant à elle est en contact régulier avec les sœurs, dont Sr Louise et Sr Mathilde lorsqu’elle était encore parmi nous, des professeurs – par exemple Mme Sylvie Siebert, son enseignante dans les années 70, l’encourage aujourd’hui après sa chirurgie, un remplacement de la hanche qu’elle a subie elle aussi il y a 5 mois – et d’autres anciennes de sa promotion ou d’autres promotions, comme HdeK, par exemple.

Vous n’étiez donc pas de la même promotion?

Non! En fait c’est lorsqu’on a voulu mettre sur pied une association des anciennes de la Villa et un journal pour la Villa que nous nous sommes rencontrées, en 1989. Avec l’appui moral et financier de Sr Louise et de Sr Mathilde, un petit groupe d’anciennes s’est réuni pour fonder officiellement une association avec des lettres patentes – que nous venons de retrouver, d’ailleurs – et pour lancer le Lien de l’amitié, un journal trimestriel qui ferait le lien entre les élèves, les professeurs, les sœurs et les anciennes. Les réunions que nous avions à l’époque étaient des moments joyeux, dont nous gardons de très bons souvenirs.

Il y a donc déjà eu un journal des anciennes?

Oui et non! Le Lien de l’amitié était inclusif et rassembleur. On y donnait des nouvelles brèves sur les élèves de la Villa, leurs professeurs et les sœurs, et aussi sur les anciennes. IR en était responsable, mais recevait les contributions des autres parties prenantes. Cela nous permettait de découvrir et de rencontrer d’autres anciennes et de bâtir un réseau. Il y a sûrement quelques copies dans la bibliothèque de la Villa. Sinon, nous pourrons archiver les numéros du journal que nous avons conservés. Ils seront bientôt numérisés et disponibles sur le site de la Villa. Nous espérons qu’à l’avenir l’on puisse recréer le même type de liens à travers des entrevues avec des anciennes qui seront publiées dans une rubrique de cette infolettre, l’Échos Villa, qui y sera dédiée. Nous inaugurons donc une nouvelle tradition avec cette entrevue!

Et qu’en est-il de l’Association des anciennes?

« Eh bien, comme nous le disions, nous venons d’en retrouver les lettres patentes. Il suffira de quelques petites formalités administratives pour la remettre officiellement sur pied. » HdeK et IR s’entendent sur la très grande importance d’une association des anciennes et du rôle fondamental qu’elle peut jouer pour assurer la pérennité de l’héritage immatériel de la Villa. Il est vrai que de nombreuses anciennes ont vécu un deuil suite au départ des dernières sœurs de la Villa il y a deux ans, mais il faudra réussir à les remobiliser. « C’est d’ailleurs la volonté des sœurs elles-mêmes qui nous ont transmis quelque chose de précieux, et c’est maintenant notre responsabilité, aux anciennes, de continuer à faire vivre le message et la mission qu’elles nous ont légués. »

HdeK et IR, comme beaucoup d’autres, ont toutes deux ressenti un grand vide à la Villa après le départ des sœurs. La Villa, c’était comme le retour au bercail, c’était des oreilles attentives, la porte et les bras ouverts tous les jours, le samedi, le dimanche, pour partager les grandes joies et les grandes peines. De nombreuses anciennes sont restées en contact avec les sœurs, mais cet esprit de famille exceptionnel et le lien de proximité physique leur manquent. Il est donc d’autant plus important de faire revivre l’association par des projets simples mais concrets, pour faire le pont entre cette absence physique et l’esprit des Marcellines que l’on doit continuer à faire vivre à la Villa.

Quel a été votre parcours professionnel?

IR : « Je viens de prendre ma retraite après une longue carrière de diplomate au ministère des Affaires étrangères du Canada. J’ai vécu en Europe, en Afrique, incluant le Maghreb, avec des retours à Ottawa. Je suis enfin de retour à Montréal. » Il y a un lien entre la carrière actuelle de HdeK, avocate de formation, et sa rencontre avec une ancienne, Francesca Trop. Celle-ci l’avait interviewée pour le journal du jeune Barreau sur les avocats avec des pratiques différentes. « Je travaillais sur la médiation. L’éditeur Yvon Blais a lu l’article de Francesca et m’a encouragée à écrire un livre sur le sujet, le premier livre sur la médiation au Québec. Ce livre m’a permis d’être plus connue et de lancer ma carrière en médiation!»

Avez-vous rencontré des anciennes dans votre parcours professionnel?

IR : « J’ai eu le grand bonheur de retrouver une autre Marcelline, Christine Cadieux, quand j’ai commencé à travailler au ministère. Nous nous étions d’abord connues lorsque j’étais dans le comité de rédaction du journal des élèves à la Villa, La citrouille, de la 2e à la 4e secondaire, puis nous nous étions retrouvées lors de la fondation de l’Association des anciennes et du Lien de l’Amitié. Ce lien-là, avec Christine, il dure toujours. » HdeK quant à elle, a souvent reconnu chez des avocates qu’elle a croisées pendant sa carrière, la rigueur, la discipline et le souci du travail bien fait, maintes fois le signe d’un passage chez les Marcellines, confirmé lorsqu’elle leur a posé la question.

Qu’est-ce qui fait cette distinction Marcelline?

IR : « J’ai retrouvé l’esprit Marcelline avec joie quand on m’a invitée à participer aux journées carrière de la Villa. J’ai pu rencontrer des élèves du secondaire, et même du collégial à l’époque, et je m’y suis immédiatement reconnue. » HdeK rajoute : « En effet, on sent la continuité. Il y a une base qui reste stable et très solide mais qui permet toutefois d’aménager la modernité. La Villa a réussi à intégrer les nouvelles technologies sans perdre sa base traditionnelle si précieuse. »

La Villa vit présentement une transition importante dans son histoire. Quel rôle y voyez-vous pour les anciennes?

Nous ne sommes plus à l’époque où les sœurs vivaient à la Villa et pouvaient nous accueillir à tous les moments de notre vie. Mais si nous nous y sentons les bienvenues, nous pouvons continuer à soutenir la Villa et le projet et la mission que les sœurs, qui nous étaient si chères, nous ont légués. Ce sont elles qui nous le demandent. C’est une responsabilité lourde et toute transition prend du temps et doit être bien gérée. HdeK rajoute : « Nous ne sommes pas la Villa, mais nous sommes AVEC la Villa. Nous en sommes une des parties prenantes. » IR de renchérir : « J’ai particulièrement aimé mon expérience au sein du comité de planification stratégique de la Villa l’an dernier. Ce sont des anciennes qui m’ont encouragée à y siéger. Je pense que cet exercice est prometteur, et que comme toute transition, ce ne sera pas facile, mais nous y arriverons, justement avec le concours des anciennes. Avec l’appui nécessaire à la Villa, nous pourrons remobiliser les anciennes et ranimer l’Association des anciennes, et ensemble nous allons continuer à faire vivre notre chère Villa.»

Si vous voulez vous impliquer dans l’Association des anciennes ou nous contacter pour toute question concernant les anciennes, n’hésitez pas à écrire au point de contact pour les anciennes à la Villa, Nives Bazergui (promotion 1982), à anciennes@villa.marcelline.qc.ca

 

Me Hélène de Kovachich (L.L.B. université de Montréal) est juge administratif (Présidente 2008-2013) au Tribunal administratif du Québec. Reconnue pour son expertise dans le domaine des modes de prévention et règlement des différends (PRD), elle s’est vue confier la mission, par décret du Conseil des ministres, de mettre sur pied et diriger une Clinique de médiation à la faculté de droit de l’Université de Montréal (2016-2019). À la suite d’une pratique en droit fiscal au Ministère du revenu et chez Stikeman Elliot, elle a développé une pratique nationale et internationale de la PRD au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, au Mali, au Mexique, au Cambodge, au Maroc, en Haïti en Inde et en Chine. Présidente de la section PRD de l’Association du barreau canadien (2003-2004), membre du conseil d’administration de l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec (2004-2006), membre fondatrice de Médiation sans frontières (2006‑2008), elle a joué un rôle important dans l’adoption par le Canada de la loi uniforme sur la médiation commerciale internationale s’inspirant des principes de la CNUDCI. Elle a contribué de façon forte au développement et l’utilisation des PRD, dans la mise en place des conférences de règlement des différends dans les tribunaux judiciaires et administratifs ainsi qu’à la formation des juges en médiation judiciaire au Québec, au Canada et à l’étranger. Distinguished Fellow de l’International Academy of Mediators, elle continue d’agir à titre de conférencière sur les processus de PRD et les nouvelles technologies au soutien de la résolution des différends.  Conférencière sur les processus de PRD, elle est auteure d’articles sur la pratique des modes de PRD et coauteur du Guide pratique de la médiation (1997) qui demeure une référence dans l’enseignement et la formation en médiation. Récipiendaire du prix institutionnel de reconnaissance à la qualité de l’enseignement de la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke (2007). Dans ses temps libres Hélène aime jouer au piano, faire du sport, de la lecture et du bénévolat auprès de “Cavaletti, loisirs adaptés en nature”. Hélène est la mère de trois enfants, grand-mère d’une petite fille et l’épouse de Pierre Marc Johnson.

Mme Isabelle Roy (B.Sc. [mathématiques], Université de Montréal, 1983; M.Sc. [économie], Université de Montréal, 1

989; Diplôme en administration publique, École nationale d’administration, Paris, 1996) a enseigné les mathématiques au niveau secondaire au Gabon, entrepris des recherches sur la modélisation économique pour les pays en développement avec le Centre de recherche et développement en économie de Montréal, puis a travaillé comme économiste-conseil à la Banque mondiale.  En 1990 elle débute sa carrière au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international en 1990 et occupe des postes de responsabilités de plus en plus avancées à Ottawa, à la Direction des affaires de la Francophonie, à la Direction des relations économiques et financières, à la Direction de l’Europe de l’Ouest ainsi qu’à la Direction de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, où elle est directrice adjointe (2003-05) et directrice (2008-2011).  Mme Roy a servi à l’étranger à Yaoundé et à Paris, à l’ambassade du Canada et en tant que membre de la délégation canadienne auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) respectivement. 

En 1997, elle devient la première diplomate canadienne à participer à un échange avec le ministère français des Affaires étrangères, après ses études à l’École nationale d’administration de Paris.  Mme Roy a représenté le Canada à deux reprises à titre d’ambassadrice, d’abord au Mali de 2005 à 2008, puis en Algérie de 2014 à 2017.  Elle a aussi été directrice de la Direction de la non-prolifération et du désarmement (2011-14).  Mme Roy a récemment pris sa retraite; elle a deux enfants et est mariée au MajGen (à la retraite) Denis Thompson.  

 

 

 

 

 

 

 

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